Élever les enfants avec confiance – élever des enfants obéissants peut être simple et efficace Partie 2

Avr 29, 2018 | Développement personnel, Éducation

Ce résumé à été écrit en espagnol par Hans  Rüegg. Vous trouvez son article (et d’autres articles très intéressantes) sur son site Web : EDUCACION CRISTIANA ALTERNATIVA

2émé partie : La pratique 

Dans l’article précédent, j’ai décrit quelques principes de la “pédagogie de la confiance”, proposée par l’éducateur suisse Heinz Etter. Je vais maintenant mentionner certaines de ses suggestions pour la mise en pratique de ces principes.
confiance

Dignidad igual para todos

La dignité implique la responsabilité

Faire confiance aux enfants signifie que nous faisons également confiance en leur capacité d’assumer des tâches et de les accomplir de manière responsable. Dans ce domaine, on constate une fois de plus que de nombreux parents ont une image négative de leurs enfants : lorsqu’il s’agit d’aider aux tâches ménagères, ils donnent des ordres aux enfants d’un ton comme aucun enfant ne serait prêt à aider par lui-même ; et puis ils sont derrière eux comme un enfant ne serait pas capable de terminer un travail sans supervision constante.

Les réflexions d’Etter à ce sujet m’ont paru très intéressantes :

“Les enfants se voient encore accorder très peu de dignité, même si leurs droits sont reconnus. Est-ce parce que nous ne faisons pas confiance aux capacités des enfants ? De telle sorte que personne n’a formulé les devoirs des enfants, même si normalement les droits et les devoirs vont toujours de pair. Les enfants peuvent-ils même avoir des devoirs à la maison ?
C’est peut-être précisément à cause de cette insistance excessive sur les droits de l’enfant que nous ne respectons pas encore les enfants en tant qu’êtres humains d’égale dignité. C’est juste que nous osons à peine leur confier des tâches. Par exemple, de nombreux parents croient que cela fait mal à un enfant lorsqu’il doit travailler ou lorsqu’il doit rester tranquille pour un moment. Ils trouvent cela horrible quand un enfant doit  renoncer a un plaisir, quand il a froid, ou quand il a atteint ses limites.”

Commentaire personnel de Hans Ruegg : : Je ne veux pas interpréter cela comme signifiant qu’une “Déclaration des devoirs de l’enfant” devrait maintenant être promulguée. Il ne s’agit pas d’une question qui relève des gouvernements des États ou des organisations internationales. Les devoirs des enfants appartiennent à une sphère très différente de celle des “devoirs des citoyens”. Ce sont les parents qui ont le pouvoir de décider des devoirs de l’enfant.

Je suis sûr qu’Etter le comprend ainsi, parce que dans ce contexte, il ne parle pas de “devoirs civiques” ou de “travail scolaire” (j’y reviendrai sur ce point plus tard) ; tous ses exemples sont tirés de l’environnement familial, des devoirs de l’enfant dans sa propre famille.

Etter continue son éxplication :

Les enfants qui vivent à la ferme apprennent à reconnaître les dangers et à y faire face. Imaginez si on voulait sécuriser une ferme comme nous le faisons avec nos quatre-pièces, donc en enlevant tout danger potentiel pour l’enfant ! Dans bon nombre de familles vivant en appartement, on a l’impression que les parents pensent que leurs enfants peuvent passer par la fenêtre à tout moment si celle-ci n’est pas sécurisée.

(.. …)Tous ces soucis au sujet du bien-être des enfants me poussent à croire que les adultes reconnaissent toujours plus les connaissances et les capacités des enfants dans les domaines où les parents sont moins à l’aise (ordinateurs, consoles de jeu, Internet, etc.), mais qu’en contrepartie, ils ont de moins en moins confiance en leur capacité à se prendre en charge eux-mêmes, en leur fiabilité et en leur résistance.

Comment peut-on expliquer cela ? La réponse est simple : les parents ont rarement une relation de join-up avec leurs enfants. Ces derniers participent souvent aux tâches ménagères d’une façon qui  signifie  « Je ne trouve pas ça normal d’avoir à faire ça, alors je ferai  juste le minimum requis ». Les enfants ne sont pas encouragés à utiliser leurs propres ressources. On ne leur confie que les tâches qu’il est impossible de faire faux, parce qu’on les croit paresseux et mous. Il est évident que ce type de tâches n’est pas motivant, ce qui engendre un cercle vicieux. Heureusement, la plupart des enfants trouvent un domaine où ils peuvent progresser, souvent au grand étonnement de leurs parents et anciens enseignants, qui se demandent d’où viennent cette créativité, cette imagination et cet engagement. Une expression allemande l’exprime bien : « Le nœud s’est défait, les barrières sont tombées ». Inutile de se demander qui avait érigé ces barrières. « 

Je pense que dans la culture suisse à partir  de laquelle Etter écrit, (Moi-même, je vis dans le contexte de la culture  péruvians) il y a plus de possibilités pour cette expérience, parce qu’il y a plus de possibilités pour les enfants et les jeunes de trouver des passe-temps constructifs et motivants : plus de cours d’art, de sport, de technologie, etc. sont offerts pour les enfants ; il y a plus de musées et d’ateliers ouverts  conçus, selon les préférences des enfants ; il y a plus de groupes de scouts et d’autres choses du même genre. Et les enfants ont plus de temps libre : leurs heures de classe ne sont pas aussi chargées qu’ici, et la réglementation limite leurs devoirs à un maximum d’une heure par jour.

Ici, au  Pérou, malheureusement, je trouve beaucoup de jeunes qui sont encore attachés à ce “nœud” de ne rien faire sauf par obligation, de ne pas faire confiance en leurs propres capacités, de se limiter au fastidieux travail scolaire qui se fait à  contre cœur, seulement parce que leurs parents veulent qu’ils “étudient une bonne carrière” par la suite ; et finalement ils se retrouvent avec une profession qu’ils n’auraient jamais choisie pour eux-mêmes, qu’ils n’aiment pas et ne sont pas intéressés à bien faire…. Je pense que c’est parce que beaucoup de parents sont encore habitués à restreindre les activités de leurs enfants, surtout celles qui pourraient les aider à exercer leur créativité ou leur initiative.

Faites confiance aux capacités de l’enfant.

Je vais citer un peu plus longuement les suggestions d’Etter sur la façon de faire mieux. Ce sont là quelques-uns des paragraphes où l’esprit de la pédagogie de la confiance se fait comprendre le plus clairement. Il ne s’agit pas d’une “méthode” ou d’une “technique”. Il s’agit surtout d’un changement d’attitude de notre part comme adultes. Ce changement d’attitude produira naturellement une manière différente d’agir :

“Nous recommandons donc aux parents de se faciliter la tâche. Ne dites pas à votre enfant de débarrasser la table, de remettre les chaises en place, de mettre la vaisselle dans le lave-vaisselle et de veiller à que les fourchettes soient au bon endroit, de ne pas mettre trop de produit dans le lave-vaisselle ou de ne pas pousser le mauvais bouton… Ne lui dites pas de prendre le bon chiffon ou de ne pas utiliser une éponge abrasive sur la poêle en Téflon. Ne lui donnez pas toute une liste de consignes, assurez-vous plutôt que l’enfant reste dans le  joinup avec vous, puis demandez-lui : « Quand feras-tu la vaisselle ? Préfères-tu  aujourd’hui ou vendredi ? Si tu n’aimes pas faire le ménage tout seul, je peux rester avec toi, même si je  préférerais lire le journal ». Partez du principe que votre enfant sait ce 79 qu’il a à faire et comment procéder avec la poêle, parce que vous lui avez déjà montré une fois qu’elle est délicate. Ayez confiance dans le fait qu’il posera la question s’il n’est pas certain de bien faire les choses. En procédant ainsi, vous traitez votre enfant comme un être réfléchi et responsable qui peut faire la cuisine comme il pense que cela devrait se faire. Résistez à la tentation de vérifier constamment si c’est bien fait et évitez particulièrement les critiques tant qu’il n’est pas impératif de faire autrement. À la limite, vous pourriez formuler une remarque comme « D’habitude, j’essore le chiffon après l’avoir rincé, et le suspends sur le robinet. Comme ça, il ne sent pas mauvais si vite ». Mais n’ajoutez surtout pas : « T’as compris ? », ou  « Je ne veux pas qu’il reste trempé dans l’évier la prochaine fois ». Partez du principe que l’enfant veut apprendre de vous et rendez-vous compte que toutes ces questions veulent  dire  « Je ne te crois pas capable de faire les choses bien. Ce que je dis et le fait que je m’énerve au sujet du chiffon  qui sent mauvais t’importent peu. Si je ne fais pas pression sur toi, tu ne réagis pas. » Maintenant, vous vous dites peut-être : « C’est exactement ce qui se passe avec mon enfant, je dois vraiment tout lui rappeler si je veux que les choses soient bien faites. »

 

Si c’est le cas, je vous conseille de rester patient. Vous ne pouvez pas vous  attendre à ce qu’un enfant auquel on a, intentionnellement ou pas, fait croire que les adultes ne croyaient pas en ses ressources ou ses capacités ou ne s’y intéressaient pas, se mette à utiliser son cerveau du jour au lendemain.

 

Si je laissais un enfant de deux ans s’exprimer ici, il dirait probablement :

« Les adultes ne veulent pas que je grandisse. Je l’ai remarqué très tôt. Au début, ils étaient tout contents quand j’ai appris à me tenir debout, mais quand j’ai voulu saisir les choses qui n’étaient pas à ma portée avant, ils ont tout rangé et déplacé en hauteur pour que je n’y aie pas accès. C’est méchant. Je ne voulais rien faire de mal. Il n’y a pas longtemps, j’ai enfin appris à ouvrir les tiroirs. J’étais  si content. Mes parents aussi, mais d’un autre côté pas tant que ça. J’ai ressenti un malaise inhabituel, c’est peut-être pour ça qu’après quelques jours, les tiroirs ne s’ouvraient plus. J’étais si fier quand j’ai compris que je devais appuyer sur les boutons du téléphone pour parler à mon papa, mais ça ne marche plus. Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’ils veulent gâcher ma vie. Je dois toujours trouver de nouvelles astuces. Si je transporte soigneusement un verre, ils se comportent si stupidement, comme s’il était déjà par terre, même si je ne fais presque jamais tomber quelque chose. Si nous allons nous  promener, je dois toujours tenir la main de mon papa ou de ma maman. J’aime bien ça, mais si je la lâche, ils croient que je vais immédiatement courir n’importe où sans réfléchir. Parfois je crois qu’ils veulent jouer à attrape-moi. Je m’échappe et ils me courent après. Je me fâche s’ils m’attrapent vite et je rigole si je prends une bonne avance. C’est frustrant pour moi que les adultes jouent ce jeu pendant un moment, puis se mettent soudain en colère. Il y en a d’autres, de ces jeux, par exemple celui avec le tiroir. Ils le ferment toujours pour que je ne puisse plus l’ouvrir. Parfois ils oublient, alors je sors bien entendu ce qui m’intéresse. Bien sûr, je me fâche parfois à cause de toutes ces restrictions. J’ai vu que maman tourne ces trucs sur la cuisinière avant qu’on mange. Si je fais la même chose, elle se fâche, et  me menace même parfois. Tu trouves ça normal qu’on me gronde pour des choses pour lesquelles les autres sont félicités ? On me punit souvent pour des choses pour lesquelles on m’a félicité quelques jours avant. J’ai récemment appris une nouvelle phrase de maman : « La ferme ! ». Elle le dit quand elle ne veut pas m’écouter. J’ai essayé aussi, et tout le monde a rigolé. Mais ils ont changé d’avis d’un coup, je ne sais pas pourquoi. Seulement maman a le droit de le dire maintenant. Je n’ai pas le droit de faire du vélo sur le trottoir, même s’il est bien plat ; ils pensent toujours que je vais aller sur la route. Maintenant, je dois faire des allers-retours sur le chemin d’accès, même si ce n’est pas si plat. Ils ne sont pas contents que j’aie appris à allumer l’ordinateur. Ils ne veulent pas que j’y joue, même si papa m’a montré un jeu marrant une fois. Ils disent que je suis trop petit. Parfois, je ne  supporte plus d’être si petit ».

 

Que pensez-vous de cela ? Se pourrait-il qu’un enfant en bas âge pense ainsi ? Ou n’est-il qu’un être qui vit au jour-le jour sans trop réfléchir ? Je me souviens d’un épisode de ce genre de ma propre enfance. Je devais avoir trois ans. Un jour, mon frère, qui a cinq ans de plus que moi, a ramené à la maison une maquette du château Chillon qu’il avait construite avec un kit. Il a mis son chef-d’œuvre sur une étagère hors de ma portée, car il s’était déjà fait une opinion sur les petits à cause des adultes. Lorsque la maquette fut trouvée en morceaux sur la table et que j’ai été sous les regards furieux de ma famille, j’ai dit, presque fièrement : « Je l’ai attrapée en montant sur une chaise ». C’est surtout à cause de mon air fier et de mon manque de considération pour la valeur de ce travail que cette histoire s’est fortement ancrée dans la mémoire de notre famille. Personne ne comprenait ma joie. Pourquoi ? C’était pourtant logique : tout le monde s’attendait à ce que je démolisse le château si je parvenais à l’atteindre. Je n’ai rien fait d’autre que de jouer le jeu ! À cet âge, j’ai décidé de considérer les enfants différemment quand je serai adulte (…)

Si vous êtes une autorité, n’envoyez pas de signaux de soumission.

A la fin de la première partie, j’ai brièvement décrit ce qu’est le Join-Up lors de l’entraînement d’un cheval. L’entraîneur indique au cheval qu’il est venu le guider et qu’il est digne de confiance. Etter a ensuite étudié comment  s’exprime une relation d’autorité saine (c’est-à-dire non invasive, non abusive) entre les êtres humains, et en particulier entre les adultes et les enfants. Par exemple :

«  Qui s’écarte lorsqu’un jeune croise un adulte sur le trottoir ? Qui salue le premier ? « 

N’importe quel enfant comprendrait ces choses naturellement  par lui-même, si ce n’était pas pour beaucoup d’adultes d’aujourd’hui qui se comportent contre la nature. (…)

La famille est assise à table. Un jeune de 11 ans ouvre la boîte à pain et dit sur un ton de reproche : « Il n’y a plus de pain ? ». La maman va-t-elle se lever tout de suite pour aller chercher du pain ? Va-t-elle culpabiliser de ne pas avoir coupé assez de pain ? Ou alors, va-t-elle dire tranquillement : « Il y en a encore à la cuisine, sois gentil et va le chercher. » ?

Selon la réaction de la mère, l’enfant perçoit : “Ma mère est ma servante, elle se soumet à moi” ; ou bien il perçoit : “Ma mère est celle qui commande, je ferais mieux de l’écouter”.

Maintenant, ce serait une erreur de conclure que nous devons alors exiger des enfants qu’ils saluent toujours en premier, qu’ils donnent toujours de la place aux adultes, etc. Au contraire : Quand nous devons explicitement exiger ces choses, nous soulignons que notre autorité n’est plus aussi crédible, et que nous sommes les “nécessiteux” (parce que nous “avons besoin” que les enfants se comportent comme nous voulons qu’ils se comportent). Nous transformerions alors nos enfants en petits acteurs hypocrites : ils apprendraient à agir comme s’ils nous respectaient, mais ils n’auraient plus  de véritable respect pour nous.

En d’autres termes, il ne s’agit pas de ce que nous exigeons des enfants ; il s’agit de la façon dont nous agissons nous-mêmes. Que nous n’envoyons pas de signaux de soumission, par exemple en saluant  les enfants avant qu’ils ne nous saluent. Mais si ensemble, en tant que famille, nous rendons visite à une autre famille et que nos enfants ne se sentent toujours pas à l’aise avec les parents de l’autre famille, il ne serait pas juste de pousser nos enfants devant nous et de dire : “Dites bonjour à M. Millou. C’est à nous de donner l’exemple et de saluer d’abord M. Millou. C’est ainsi que nous avons indiqué à nos enfants : “Je vais de l’avant, et vous pouvez me suivre”. Après cela, il leur sera plus facile de saluer M. Millou.

Les enfants  sont confus lorsque nous essayons de les guider d’une part, mais d’autre  part, nous leur donnons des signes de soumission ou de rester derrière eux. 

Un autre point : qui définit le ton de la communication ? Surtout en cas de conflit, lorsqu’un enfant commence à nous parler d’un ton agressif ou ennuyeux : Ajustons-nous notre ton au ton de l’enfant, réagissons-nous de la même manière agressive, peut-être même en criant ? Ce serait un signe de soumission de notre part, car nous permettons à l’enfant de donner le ton de la conversation. Un signe d’autorité dans ce cas serait, par exemple, que nous devrions expliquer calmement notre point de vue ; ou que nous devrions dire : “Je pense que ce n’est pas le moment de parler de cette question. On en reparlera après le dîner, quand tu seras plus calme.”

Dans tout cela, nous ne devons pas perdre de vue le fait que la soumission des enfants à leurs  parents est une réaction normale lorsqu’il existe une relation de confiance mutuelle. Dans ce contexte, la soumission ne signifie pas être un “perdant” ; et avoir de l’autorité ne signifie pas avoir plus de valeur. Une bonne autorité agit toujours pour le bien de ses disciples.

 Il est difficile d’expliquer cela en quelques mots ; car dans notre environnement, les concepts d'”autorité” et de “soumission” ont été complètement déformés, et il faut regarder loin pour trouver un exemple vivant de bonne autorité.

 

Ne traitez pas les enfants comme des ennemis.

C’est un thème récurrent dans les conseils sur la pédagogie de la confiance. Est-ce que nous percevons les enfants comme nos adversaires ; ou est-ce que nous les guidons en prenant leur parti pour atteindre les objectifs que nous avons en commun ? Toute éducation devient plus facile et plus agréable lorsque les enfants peuvent savoir que les parents sont de leur côté, et vice versa. “On joue ensemble dans la même équipe !”

Dans de nombreuses familles, certaines situations particulièrement critiques se produisent lorsqu’un enfant agit maladroitement ou de manière irresponsable : il laisse rouiller son vélo sous la pluie ; il a perdu sa veste lors d’une promenade ; ou il a accidentellement laissé tomber son verre de lait sur le sol. Etter écrit  sur de telles situations :

“Les erreurs et les maladresses ont des conséquences  désagréables, mais ne devraient pas être punies. En règle générale, il n’est pas nécessaire de gronder un enfant qui a laissé tomber un verre ou a oublié quelque chose, car il se sent déjà mal, à moins que nous n’ayons détruit sa réaction naturelle par des phrases comme : « Ce n’est pas grave, ce n’est que… La casse porte bonheur. » “.

Malheureusement, les enfants se font souvent gronder (j’aime à dire qu’on manifeste de l’hostilité envers eux) quand ils ont fait un lapsus. On les considère comme négligents ou on estime qu’ils ne sont pas désolés. Paradoxalement, on renonce souvent à leur en faire assumer les conséquences.

« Je plaide pour le contraire. » (….) » il est important de regretter une tasse cassée, d’en recoller les morceaux ou de la  remplacer avec l’enfant. Il est important que l’enfant participe à la résolution des petits malheurs : il essuie lui-même le sirop renversé, et sa mère l’y aide. Maman remet le pot de fleur debout, mais l’enfant  aide au moins à y remettre la terre, etc. „

Ce qui est essentiel ici, ce ne sont pas les détails sur la manière d’agir . L’essentiel est de savoir comment l’enfant et nous-mêmes percevons la relation mutuelle entre nous. D’une manière ou d’une autre, nous devons faire en sorte que l’enfant sente, “Je suis de ton côté. Je comprends que tu te sens mal à propos de ce qui s’est passé. Maintenant, on va arranger  ça ensemble.” Cette attitude renforce la confiance mutuelle.

Demandez avant de juger.

La suspicion détruit la confiance. Même si un enfant fait quelque chose qui est vraiment mal, il vaut mieux demander d’abord pourquoi il l’a fait, quelle était la situation, etc. non pas en tant qu'”inquisiteur”, mais dans un effort sincère pour comprendre l’enfant. Parfois, un enfant fait quelque chose de mal sans savoir qu’il est malade ou parce qu’il se sent sous pression. Et même si sa motivation était vraiment mauvaise, les reproches n’aident pas, parce que nous ne ferions que dire à l’enfant ce qu’il sait déjà dans les profondeurs de sa conscience ; mais avec nos reproches nous le provoquons souvent à se défendre et donc à noyer la voix de la conscience.

Etter dit :

“Le reproche entrave le processus de reconnaissance de la culpabilité. En posant des questions, cependant, nous aidons  l’enfant à réfléchir à nouveau, à considérer à nouveau la voix de sa conscience, à arriver à une conclusion différente, à éprouver des remords et à se repentir.”

ne vraie question peut aussi résoudre des soupçons non fondés. Un exemple de l’école : C’est l’heure de l’école, mais un enfant marche tranquillement au milieu de la cour. Un enseignant qui arrive à ce moment appelle d’un ton menaçant : “Que fais-tu ici ? Vite, rentre dans ta classe !”  La même question aurait pu être posée d’une manière sympathique, comme une vraie question : “Que fais-tu ici ? Et l’enfant aurait eu l’occasion de répondre : “Mon professeur m’a envoyé dans la classe du professeur B. parce qu’il veut emprunter sa perceuse”.

Beaucoup de parents, quand leurs enfants font quelque chose de stupide, demandent souvent : “Pourquoi as-tu fait cela ? mais ce n’est pas une vraie question, ils ne s’intéressent pas vraiment à comprendre les motivations de l’enfant, ils le disent  juste comme un reproche : “Tu l’auriez dû savoir mieux que ça !”. Ce n’est pas une communication honnête, et les enfants la perçoivent très bien. Ils ont l’impression que nous ne les prenons pas au sérieux, parce que nous leur posons une question sans même être intéressés par la réponse.
La même question pourrait avoir un effet complètement différent si nous la posons avec un désir sincère de mieux comprendre nos enfants. Ils ont généralement de bonnes raisons pour ce qu’ils font (bonnes au moins de leur propre point de vue). Si nous leur donnons l’occasion d’expliquer leurs raisons, de nombreuses situations peuvent être résolues et de nombreux conflits évités. Et nous pouvons corriger les perceptions erronées – de la part des enfants et de nous-mêmes.

Parlez de vous personnellement, soyez authentique.

Si nous voulons avoir une relation de confiance avec les enfants, nous devons être honnêtes et transparents au sujet de nos propres sentiments et motifs. Surtout quand il s’agit de corriger les enfants. Honnêtement, combien  des fois nous corrigeons les enfants, non pas parce qu’ils ont fait quelque chose de mal en eux-mêmes, mais seulement parce que leur comportement nous dérange personnellement ? Si c’est le cas, alors disons ouvertement que nous avons un motif personnel ; ne nous cachons pas derrière des règles générales (“ca ne se fait pas”) ou derrière d’autres personnes (“que diront les gens ?”).

Un exemple de Heinz Etter pour illustrer la différence :

  • « Mange ce qui est sur la table. », ou 
  • « Je suis vraiment déçue que tu ne goûtes même pas ce que j’ai cuisiné. », ou
  • « J’ai fait à manger pour tout le monde. Prends ce qui te fait le plus envie. Tu feras sûrement le bon choix. » (Il faudra peut-être déjà faire ça pour les commissions).

Dans le premier message, la mère cache sa frustration derrière une règle générale. Elle livre cette explication, car elle ne veut ou ne peut pas exprimer ses sentiments. Les enfants comprendront la ruse et la rejetteront ou en  prendront note en la considérant comme négative. Dans le deuxième message, la mère dit ce qu’elle pense vraiment. Elle ne le dit pas à des fins éducatives, mais elle exprime sa déception.

(….) Elle est transparente, et un enfant peut bien gérer une telle expression. (C’est-à-dire, il peut mieux comprendre sa mère et peut en venir à avoir plus de considération pour elle.)

Aclaración

Tous les points que j’ai mentionnés dans cette partie décrivent ce qui est possible lorsqu’il existe une relation de confiance entre les éducateurs et les enfants. Mais que faire si une telle relation n’existe pas ? Dans ce cas, beaucoup de ces conseils ne fonctionneront pas, parce que les enfants et les adultes seront déjà habitués à se voir comme des ennemis et à se méfier les uns des autres. Dans ce cas, un effort supplémentaire devra être fait pour rétablir d’abord la relation de confiance. Dans la partie suivante, si Dieu le veut, je parlerai de cet aspect.

(à suivre…..…)

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