Étiquettes et diagnostic que nous donnons à nos enfants – et comment ils les affectent.

par | Avr 9, 2018 | Éducation, Vie de famille

Pendant mes années en Amérique du Sud, j’ai souvent observé comment les enfants étaient appelés par des adjectifs au lieu de leur nom. On les appelait des noms comme “El gordito” (le gros), “flaquito” (mince), “gringo” (du monde occidentale, peau blanche), “negro” (noir – ayant une peau foncée) etc… Au début, quand je comprenais  juste assez  l’espagnol pour comprendre le sens de ces surnoms, j’étais perplexe et je me sentais mal pour ces gars…. surtout quand on les appelait ” le gros” au lieu du vrai nom.

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J’ai un bon ami  bolivien qui s’appelait “Patito” (caneton) parce que étant enfant, il marchait comme un petit canard. Quand je l’ai rencontré plusieurs années plus tard, je lui ai dit qu’aujourd’hui, je ne devrais probablement plus l’appeler Patito.  Il a ri en me disant : Non, aujourd’hui je suis “Pato”…. (canard adulte).

Aussi étrange que cela ait été pour moi au début, aussi vite je m’y suis habitué – et j’ai aimé mon propre surnom “Gringita”, qui m’a été tendrement donné par une dame âgée de Potosí, en Bolivie.

En Suisse, nous ne faisons pas cela. Je ne peux pas m’imaginer appeler mes enfants, mes amis ou mes collègues « Hello gros tas” ! ou « Bonjour mon mince !”. Cela semblerait ridicule et grossier dans notre langage quotidien !

Cependant, nous continuons à étiqueter les gens, et même nos propres enfants. Peut-être qu’on n’appelle pas une fille qui a quelques kilos de plus qu’elle ne devrait, “Hello gros tas”.  Nous n’appelons pas non plus quelqu’un “Blanc” ou “Noir” en fonction de la couleur de sa peau.

Mais la vérité, c’est que si nous ne réalisons pas à quel point les étiquettes sont limitatives, nous les utiliserons quand même.

Le poète allemand Goethe a dit un jour :

“Traitez les gens comme s’ils étaient ce qu’ils devraient être et vous les aidez à devenir ce qu’ils sont capables d’être”.

Cela signifie que nous devons garder à l’esprit la vision la plus positive possible de notre enfant.

Ce sont les quatre choix possibles que nous pouvons faire au sujet de l’étiquetage de nos enfants – du pire au meilleur :

Première façon : Condamnation

Ce serait traité nos enfants de noms tels que : “imbécile », « idiot », « fou », « crétin » « abruti », ou « con »

Deuxième façon : mettre un diagnostic :

Étiquetage éducatif comme TDAH, Hypersensibilité, etc.

Troisième façon : -Trouver le positif 

actif, alerte, chasseur, orienté visuel-spatial, hémisphérique droit.

Quatrième façon : Mettre l’accent sur l’unicité

Un mélange unique des traits positifs qui rendent votre enfant si spécial.

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Je crois que la plupart de mes lecteurs sont d’accord avec moi sur la première façon. Nous ne sommes jamais censés appeler nos enfants “imbécile », « idiot », « fou » « crétin » abruti », ou « con ». C’est blessant pour le cœur d’un enfant et nuisible pour notre relation avec l’enfant.

“Vous vous demandez peut-être pourquoi le deuxième choix vient juste après ces étiquettes blessantes. Dans ce livre, Amstrong explique :

“Les partisans de ces diagnostics disent parfois que l’utilisation de ces étiquettes est libératrice pour de nombreux parents et enfants. Le fait de donner un nom à quelque chose qui les préoccupe depuis des années offre un moyen de contrôler et, dans une certaine mesure, de triompher de cette confusion. Il n’est pas inhabituel pour un parent de dire ” : j’avais l’habitude de penser que mon enfant était fou — que j’étais fou… que mon enfant était paresseux et démotivé… Maintenant je  me rends compte que c’est parce qu’il est TDAH !”

Je suis d’accord que l’utilisation des termes TDAH est un pas en avant par rapport à  ces étiquettes que nous avons mentionnés plus haut, comme première façon.

Il poursuit en expliquant qu’en tant que parents, nous pouvons faire mieux que de réduire nos enfants à une étiquette, aussi utile que cette étiquette peut être pour nous en tant que parents.

Comme nous le voyons avec la troisième façon, l’étiquette devient plus ouverte. Cependant, il s’agit toujours d’un stéréotype  qui consiste à expliquer comment est l’enfant.

“Ouais, tu sais, mon enfant fait  cela ou ça, parce que c’est un chasseur”.

Cela sonne bien et il n’y a rien de mal à utiliser ces explications sur la façon dont notre enfant fonctionne.
Et si vous avez eu des années pour endurer des crises de colère, des luttes de pouvoir, des défis et d’autres difficultés, alors vous faites un excellent travail pour étiqueter ce comportement comme “chasseur” ou “actif” au lieu de l’insulter votre enfant ou de réduire  son comportement a un diagnostic.

Ensuite, il y a la quatrième façon.

Et en tant que famille, nous faisons de notre mieux pour toujours faire ce quatrième choix, agir dans la quatrième façon.

Je sais par expérience ce que cela signifie d’être étiqueté. Dans ma famille, il était clair pour nous tous, que l’une de mes sœurs était “paresseuse”. C’était quelque chose de “normal” pour nous de dire cela et nous pouvions observer sa paresse assez fréquemment.

Mon autre sœur était celle qui n’était « pas très intelligente ». Pas vraiment futé, luttant à l’école et ne comprenant pas son travail scolaire.

Moi-même, j’étais le “pas normal”. TDAH était mon histoire et ça m’a collé comme de la super glue sur du papier. Les premières années hors de chez moi (j’ai quitté la maison quand j’avais 16 ans), j’ai essayé de devenir “normal”. Je détestais ce diagnostic de TDAH, simplement parce qu’il définissait complètement qui j’étais.

“Pourquoi est-ce que je ressens ce que je ressens ?” – “Eh bien, j’ai une compréhension de quelqu’un qui a TDAH.”

“Pourquoi est-ce que je vois des choses comme je fais ?” – ” Mon TDAH m’oblige à les voir comme ça.”

Je me suis battu pour devenir “normal” jusqu’au jour où j’avais peut-être 24 ans, quand j’ai senti  Dieu me dire :

“Tu ne peux pas te battre pour devenir quelque chose que tu es déjà : “normal dans ton unicité”.

Aujourd’hui, j’aime mon unicité. Benny ne m’a jamais vu, et ne me voit jamais à travers les yeux d’une étiquette. Dans notre famille, nous cultivons cette liberté, nous célébrons l’unicité.

Il y a beaucoup de situations avec nos quatre enfants où nous aurions pu étiqueter nos enfants…

 

  • Un de nos enfants mentait à chaque fois.
  • Un de  nos bébés était ultra sensible au bruit, à la lumière et aux émotions. Ce bébé ne dormait que sur moi et même pendant les journées je ne pouvais pas le mettre dans son berceau ou la poussette.
  • L’un de nos enfants ne voulait pas s’éloigner de nous, même en grandissant, étant toujours  collé a nous.
  • Un autre enfant avait une volonté si ferme qu’il faisait des crises de colère plusieurs fois par jour.
  • Un enfant avait peur de tout ce qui était nouveau et semblait parfois faible et lâche.

 

En tant que famille, nous avons décidé de ne jamais étiqueter un enfant, de ne jamais limiter un enfant à quelque chose qu’il ou elle fait pendant un certain temps (la plupart des points mentionnés ci-dessus se situent  au passé et ne sont plus une réalité de cet enfant), nous refusons de voir nos enfants à travers les yeux de ces défis, ces comportements.

Ce que nous faisons, c’est d’apprendre à comprendre ce dont chaque enfant a besoin pour grandir, pour mûrir, pour devenir le meilleur qu’il peut être, et pour le célébrer sur le chemin de la maturité dans son caractère unique.

Je regarde ma vie et je sais que je ne serais jamais la femme, la mère, l’épouse que je suis aujourd’hui, si j’avais accepté cette étiquette. Je n’aurais jamais le courage de me tenir debout dans mon unicité et d’être cette bénédiction que je sais que je suis dans la vie des autres.

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Vous aussi, vous l’êtes.

Vous êtes unique. Vous n’êtes pas un diagnostic. Pas une étiquette. Ne vous laissez pas réduire à une explication étroite de qui vous êtes.

Il en va de même pour vos enfants. Ils sont tellement plus, tellement uniques, tellement spéciaux. Ce n’est qu’avec cette connaissance qu’ils peuvent être cette bénédiction dans leur unicité, ce qu’ils sont destinés à être.

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