Comme une culture de l’honneur dans une famille peut donner de beaux résultats -2éme partie

par | Sep 18, 2018 | Éducation, Vie de famille | 0 commentaires

Comme nous l’avons vu dans le dernier article, l’honneur donne du pouvoir.

L’honneur vous rend libre – libre de changer, libre de grandir, de vous épanouir et de donner le meilleur de vous-même.

Il en va de même pour nos enfants – tous les enfants sous notre autorité.

Nous avons vu qu’il y a une autre façon de définir nos enfants qu’avec des étiquettes… même dans ces moments où nous avons de bonnes raisons de donner une telle étiquette , car elle serait parfaitement adaptée à son comportement actuel.

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Dans cet article, je veux vous montrer d’autres exemples de la façon dont l’honneur définit nos interactions et comment, par cet honneur donné, nous voyons une liberté qui aide nos enfants à mûrir, à grandir et à s’épanouir dans leur identité donnée par Dieu, dans leur destin unique et spécifique. 

J’aimerais partager avec vous comment: 

  • Nous ne nous moquons jamais de nos enfants, ni ridiculisons ce qu’ils font.
  • Nous validons les sentiments et les perceptions de nos enfants
  • Notre but de l’éducation n’est pas de contrôler nos enfants, mais de leur enseigner la maîtrise de soi.

 

  1. Nous ne nous moquons jamais de nos enfants, ni ridiculisons ce qu’ils font.

Les enfants peuvent être drôles. Il y a des situations où nous sommes amusés par les réactions ou le comportement de nos enfants. En famille, nous aimons nous divertir. Nous aimons rire ensemble et cela fait partie de ce que nos enfants aiment avoir – des moments de plaisir, de rire et de comique en famille.

Cependant, nous enseignons à nos enfants qu’il y a une différence entre passer du bon temps ensemble et se moquer de quelqu’un, ou ridiculiser quelqu’un.

Il y a des moments en famille où nos enfants aiment faire rire tout le monde pour ce qu’ils font ou disent. Ce n’est pas ce dont je parle.

Je parle de ce genre de blagues qui font de quelqu’un l’objet de l’amusement. Je parle du genre de commentaire qui ridiculise une autre personne. Je parle du genre de situation où l’autre personne se fait passer pour une idiote, une imbécile, une stupide ou une naïve – et certaines personne aiment s’amuser aux dépens d’une autre personne.

Cela commence par de petites choses, comme ce que nous avons vécu il y a quelques semaines avec notre petit garçon de deux ans.

Au cours de cet été, il a appris à aller aux toilettes. Il était très fier de chaque fois qu’il était capable de se contrôler.

Un jour, j’étais assie avec quelques amis dans le jardin, j’ai vu notre enfant de deux ans nous approcher. Il avait enlevé son pantalon et ses couches et avait les fesses nues. Il m’a regardé dans les yeux, s’est tenu à quelques mètres de nous, s’est étiré les jambes et a fait pipi dans l’herbe… juste devant nos yeux.

 

Ma première réaction aurais presque été de me moquer de lui. C’était tout simplement hilarant – (et puis, peut-être, de le gronder parce que c’était assez malpoli dans nos normes culturelles). …

Cependant, j’ai reconnu son expression : Un regard fier et heureux envers moi.

 

Immédiatement, j’ai adapté ma réaction a ce regard. J’ai compris qu’il ne voulait pas être impoli. Il voulait montrer sa capacité de contrôler son pipi.

 

J’ai donc jeté un coup d’œil rapide à mes amis (alors qu’ils allaient éclater de rire) et j”ai dit à mon fils :

“Wow, je suis si fière de toi ! Tu as fait du bon boulot ! Très bien ! As-tu été capable de savoir exactement quand il était temps de faire pipi ? “

 

“Oui” répondit-il, tout fier.

Il était tellement content, il me regardait avec un très grand sourire, heureux et satisfait. Je le voyais grandir de quelques centimètres devant mes yeux.

 

Dans cette situation, j’honorais mon fils. C’était de reconnaître sa véritable motivation, ses compétences sociales encore limitées (il ne savait pas que ce n’était pas une chose à faire) et de le chérir, adapté à son niveau de maturité, pour qui il était :

Un tout-petit adorable, désireux d’être un grand garçon, capable de ces choses que ses frères et sœurs plus âgés font aussi. Il aurait été terrible et humiliant pour lui si j’avais éclaté de rire – encore plus avec mes amis – ou si je l’aurais grondé et humilié, en supposant qu’il était tout simplement malpoli, selon nos critères culturels et sociaux.

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  1. Nous validons les sentiments et les perceptions de nos enfants

Je me souviens de ce que je ressentais lorsque, enfant, j’exprimais mes émotions ou mes sentiments au sujet d’une situation et qu’on ne me prenait pas au sérieux.

Et je sais comment nos enfants réagissent à notre égard, lorsque nous prenons le temps de valider leurs émotions ou leurs sentiments, comme mon mari l’a écrit dans cet article.

Dernièrement, un samedi après-midi, j’ai été invitée à rendre visite à une famille amie avec mes enfants.

En ce moment, c’est toujours un grand défi pour notre enfant de quatre ans de quitter la maison, encore plus si cela implique d’aller où sont les autres enfants.

Il ne voulait pas monter dans la voiture. Il a pleuré quand j’ai démarré le moteur. D’autant plus lorsque nous sommes sortis de notre parking – et pendant les minutes qui ont suivi pendant que je conduisais.

 

Pour être honnête, je me sentais très impatiente et irritée. Ses pleurs étaient fatigants et je sentais qu’il n’y avait tout simplement pas besoin d’en faire toute une histoire. Cependant, je savais que c’était important pour lui.

 

C’est pourquoi j’ai pris une grande respiration et je lui ai demandé doucement :

 

“L’idée de rendre visite à cette famille est-elle si difficile pour toi ?

Par le rétroviseur, je l’ai vu hocher la tête, en pleurant encore plus.

“Ça te fait peur ?”

 

J’ai continué mes questions, essayant de comprendre son monde émotionnel. Après quelques questions de ce genre, sentant que j’avais une idée de sa réalité, je lui ai dit :

 

“Oh mon grand, je comprends. Ça doit être très difficile pour toi. Je suis désolée que tu te sentes comme cela en ce moment. Et tu sais, c’est ok pour toi de te sentir comme ça. Je suis fiere de qui tu es.

Pour l’instant, je ne peux rien faire pour changer cette situation, car nous avons promis à cette famille que nous viendrions et tes frères ta soeur et leurs enfants attendent avec impatience cet après-midi. Parfois dans la vie, on ne peut pas faire ce qu’on veut. On ne peut pas rentrer chez nous maintenant. Mais j’entends ce que tu dis et je comprends. Tu es un garçon si génial, je suis  si heureuse avec qui tu es. Je serai là avec toi – et laisse-moi te dire que ces enfants sont heureux que  tu viennes.”

 

Il n’a pas arrêté de marmonner qu’il ne veut pas y aller.  Mais les pleurs émotionnels, la douleur et la peur, qui étaient là au début, avaient disparu.

C’était plutôt un maigre “mais je ne veux pas y aller”.

 

De temps en temps, je regardais dans le rétroviseur, lui souriais et répétais :
“Oui, je sais que tu n’as pas envie d’y aller. Et je comprends cela. C’est tout à fait compréhensible pour toi de ressentir ça.”

 

Quand nous sommes arrivés, j’avais un petit garçon paisible (bien que collant).

Quand nous sommes partis le soir, après un après-midi plein de jeux, de récréation et de rires, j’ai eu un petit garçon heureux, me disant qu’il a  aimé son après-midi avec ces enfants.

3. Notre but de l’éducation n’est pas de contrôler nos enfants, mais de leur enseigner la maîtrise de soi.

Dans notre famille, nous voulons avoir une culture, où la confiance et la liberté créent un endroit sûr pour leur apprendre la maîtrise de soi.

Mais comme je l’ai expliqué dans l’exemple ci-dessus, cela n’a rien à voir avec le fait de les laisser faire ce qu’ils veulent ou laisser leur monde émotionnel dicter leur journée.

Parce que ce n’est pas ça, la maîtrise de soi.

Le résultat de cette prochaine histoire montre un peu ce que nous essayons d’accomplir chez nos enfants :

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Il y a quelques jours, notre aîné s’en prenait à ses jeunes frères et sœur.

 

C’est quelque chose qu’il fait très rarement. C’est un  grand frère très gentil et attentionné. Après quelques interventions de ma part, quand je lui ai dit d’arrêter d’agir ainsi – sans changement d’attitude – je l’ai pris par la main, l’ai conduit (contre son gré) dans sa chambre et ai fermé la porte derrière lui.

 

Au bout de quelques minutes, il a ouvert la porte et a appelé :

“Maman, je peux sortir” ? Je lui ai répondu :

“Bien sûr que tu peux. Tu n’es pas puni. J’ai seulement essayé de trouver un moyen de te calmer, afin que tu puisses à nouveau agir correctement avec tes frères et ta sœur.”

Il me regarda, sourit, retourna dans sa chambre et y joua seul pendant plus d’une heure.

 

Quand il est sorti, tout doux et calme à nouveau, je lui ai demandé :

“Fils, que s’est-il passé ?  Pourquoi étais-tu comme  ça avec tes frères et ta sœur ?”

Sa réponse m’a étonné. Je pense que pour un enfant de huit ans, c’était assez surprenant :

“Hier, il était tard jusqu’à ce qu’on dorme et aujourd’hui, j’ai eu école toute la journée, je crois que j’étais un peu sur les nerfs.”

“Ok, je comprends”,

J’ai répondu.

“Et que puis-je faire pour toi la prochaine fois ? “.

Il me regarda en souriant :

 “Eh bien, la même chose. je suppose. C’était bien d’avoir du temps pour jouer tout seul.”

Bien sûr, nos interactions ne se déroulent pas toujours aussi en douceur. Cependant, c’est ce que nous voulons au bout du compte. Nous ne voulons pas contrôler nos enfants. Cependant, nous avons des normes élevées sur la façon dont nous interagissons les uns avec les autres et sur les choix qu’ils font ou la façon dont ils se comportent.

Mais nous voulons leur apprendre à se maîtriser. Et ce, dans une atmosphère sans contrôle, sans punition et sans peur.

Il est bien possible que vous ayez un autre nom à cette valeur, que nous appelons “honneur”.

Quand Benny et moi nous nous sommes mariés, nous avons appliqué ce même principe, sans avoir de nom pour ça. Nous savions simplement que nous ne voulions pas utiliser des étiquettes pour nous identifier entre nous ou avec nos enfants. Nous nous sommes retrouvés à faire des distinctions claires entre “s’amuser” et “se moquer de quelqu’un”.  Pour nous, il était très important de valider les sentiments de l’autre personne. Le contrôle est quelque chose que Benny et moi avons tous les deux  vécu et nous savions que ce n’était pas quelque chose que nous voulions cultiver dans notre famille. C’est pour ça qu’on l’a échangé contre la maîtrise de soi.

Quelques années plus tard dans notre mariage, nous avons découvert le livre de Danny Silk “Culture  d’honneur”. En le lisant, nous avions un nom sur ce que nous essayions de faire :

S’honorer l’un l’autre. Honorer nos enfants. 

On peut aimer sans cette attitude d’honneur. Cependant, le véritable honneur implique toujours l’amour.

L’un peut essayer d’être gentil et respectueux envers l’autre. Cependant, l’honneur va un pas plus loin : Elle se manifeste dans des situations où l’autre personne le mérite le moins – simplement parce que l’honneur est une attitude de vie, issue de celui qui la donne, indépendante de l’identité et du comportement de celui qui la reçoit.

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